Retour aux arènes...

 par El Claudio

            Ce n’est pas que l’on est en manque, mais quand le premier spectacle taurin de notre sud-ouest vient ouvrir la temporada, c’est les yeux brillants et le cœur léger que l’on retourne aux arènes… Au cœur de la Chalosse, Samadet et sa traditionnelle novillada piquée au cartel bien ficelé et attractif sur le papier.

 Des novillos d’Escudero de Cortos, très inégaux de présentation, j’ai surtout retenu le quatrième, de beau trapio et plus « fait » que les autres et le sixième, qui poussa au cheval et collaborateur idéal ensuite. Porteurs de race et nobles, ces toros furent hélas d’une désolante faiblesse, qui fit dire à un de mes voisins à la vue d’un novillo lamentablement écroulé sur le sable : les Domecq sont revenus !

            Pepe Moral a dû montrer bien autre chose l’année dernière à Madrid pour franchir la grande porte car ses deux prestations du jour ne resteront pas dans les mémoires. Passe encore à son premier, insignifiant et qui ne permit qu’un capotazo vibrant, mais son second, certes bronco et sauteur dans la cape, mais brave sous le fer avait une faena dans le ventre que l’on ne vit jamais. Agité, très tendu et sans jamais se croiser, le sévillan laissera là l’impression d’un torero sans grand charisme, vaillant mais limité et à l’avenir incertain. Ses cris incessants amplifiés par la couverture des arènes me firent regretter la musique (ce n’est pas souvent…)

            Ruben Pinar est l’un des grands espoirs de la tauromachie et le fait que Santiago Lopez l’ait pris sous son aile n’est sûrement pas le fait du hasard. Très sûr techniquement et lidiador, il a toreé ses deux adversaires de façon appliquée et avec cadence.  Dommage que ses deux toros n’aient pas eu plus de gaz et car il y a là un torero d’avenir. Son second traînait la patte arrière gauche et s’affaissait dès que le torero baissait la main (trop souvent !), mais sur plusieurs séries bien tracées, ce jeune espoir nous montra tout le bien que l’on pense de lui. Une oreille pour une belle promesse. À son crédit, un quite salvateur au dernier toro pour sauver la mise à un peone en difficulté aux banderilles et tout près de se faire coincer contre les planches; juste un petit coup de cape pour détourner l’attention du toro, le geste juste.

            Roman Perez, jeune espoir français s’entraîne à l’école taurine de Salamanque. De corto classique et bien servi par sa grande taille, il m’a étonné par la maturité de son toréo et la variété de son répertoire. Deux réceptions élégantes à la cape et une muleta souveraine qui va chercher et tire son novillo loin derrière, un bon élève assurément . Seul bémol, une idée encore imprécise de la lidia et peu de temple, mais une belle faena au bon dernier (malgré une série de trop pour placer la fameuse circulaire inversée !). Trois trophées au final et une sortie en triomphe qui devrait lui assurer d’autres contrats pour sa saison. À noter que ce jeune torero se nomme en réalité Romain Fluet, mais qu’à la vue de son physique, il a bien fait de changer… !

            Heureux de se retrouver entre aficionados pour cette première de l’année, mais au regret que ce lot de toros n’ait pas montré plus de solidité. Il est vrai qu’au pays de la faïence, la fragilité est de rigueur…

 

février 2008

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