Brindis à madame Boule Quiés.

Qu'une belle passe de poitrine conclue une estimable série, alors que le contentement s'installe dans les arènes et -Patatras! une voix inévitable hurle : MUSICAAA!
Heureux Angel qui contre toute probabilité a entendu résonner aux arènes de Dax, un jour de grâce de l'an 2006, un pasodoble en accord avec ce qui se passait sur le sable, car dans 78,42 fois sur 100 (approximativement) il va falloir supporter une bruit inopportun et inadéquat, qui vous gâche la suite de la  faena de muleta, qui n'a jamais besoin de ça, même dans le pire des cas.
Pour peu que taureau ou  torero se débrouillent pour vous ennuyer, vous avez le loisir de regarder le chef de tintamarre : lui ne regarde pas l'arène, tout à son sabotage, il fait donner la charge des trompettes, des cimbales et des grosses caisses.
Et Dzim boum boum! dzim boum boum! alors que le l'homme est en difficulté avec une bestiole qui n'a déja plus de passes et qui refuse d'avancer.
Dzim boum boum, ça ne fait rien, la musique d'abord! Le torero qui lui aussi en a plein ses escarpins décide-t-il d'abréger et de s'en aller poser l'épée factice, ça ne fait rien en avant la musique! le chef ne regarde pas, tout à son matraquage.
Dzim boum boum! (variation : dzin boom boom!) Les gradins s'époumonent pour lui dire de cesser, il n'entend rien, assourdi par son propre bruit qui l'isole depuis le premier  Musicaaa! qu'il attendait de pied ferme.

J'ai vu un jour -c'était une de ses bons jours- Finito de Cordoba toréant superbement, s'arrêter pour demander le silence. Quand l'orchestre eut obtempéré, Finito reprit alors son oeuvre avec majesté dans un climat enfin propice, jouant la "musique silencieuse du toreo".

Heureux les madrilènes qui n'entendent jamais jouer l'orchestre pendant la faena de muleta. Pauvres de nous, il ne nous reste que les Boules Quiés.

Benbenèze

post scriptum :