Mont de Marsan 2010 Nanfrage du Moun



Ne prenant jamais de notes lors d'une course de taureaux, je ne me fie qu'à mes souvenirs. Ainsi, laisser le temps passer avant de dire trois mots sur l'édition 2010 de La Madeleine, présente l'avantage de ne garder que le plus saillant.

Pieds nickelés

Disons-le d'entrée, le sentiment qui demeure est de s'être fait rouler dans la farine par les les organisateurs.

Alléchés par l'affiche qui avait tout pour plaire et bercés par le souvenir de l'édition précédente dont on pensait que les quelques défauts serait gommés, il nous fallut déchanter dès le premier jour!
On attendait des Miura, on a eu du déchet d'on ne sait quel élevage ayant volé un fer de Zahariche.
On attendait Ponce devant des El Pilar, on eut du deuxième fer rebadgé!
On attendait des Victoriano del Rio, ce fut le désastre de l'élevage. On a dit que c'était le dernier lot disponible chez l'éleveur, le lot que personne n'avait voulu! On l'acheta pour le Moun et Jose Tomàs.
Les Fuente Ymbro avaient le gabarit, pas le mental.
La novillade piquée amenée par Cesar Rincon était d'une fadeur confondante, et pour le prix d'une novillade complète (19€ les places les moins chères), on n'eut que deux toreros et quatre cornus. Ici on arnaque plus blanc.
Seuls les Garcigrande, malgré un trapio de sardine, avaient des pattes et du moteur. Un comble!

Que reste-t-il de nos amours? Pas grand-chose.

- La même affiche qui nous avait comblé en Arles en 2009 : Miura, Padilla, Rafaelillo, Lescarret, ne fut qu'un long désenchantement faute de taureaux dignes de leur nom. Quelques Pégnangélistes étaient venus spécialement voir des Miura pour la première fois : il y a des jours comme ça où il faudrait rester en Charentes à siroter un verre de Pineau.

- Le même élevage de Fuente Ymbro qui nous avait comblé l'an passé au même endroit est sorti avec toute l'allure et les armures qu'on en attend, mais trop compliqués pour les toreros du jour, sauf Bolivar qui fait bien le métier sans réellement soulever l'enthousiasme. Sergio Aguilar qu'on a vite porté au nues après un passage à Vic, montra ici ce qu'il est, un torero surfait qui ne s'adapte pas au taureaux. Je ne sais plus qui était le troisième homme*.

- On avait mélangé les torchons et les serviettes, Mendoza qui a fait honteusement toucher neuf fois son cheval par le taureau incroyablement épointé, et Ponce, venu pour remplacer Aparicio devant les El pilar, qui s'est retrouvé devant des bêtes du deuxième sang de l'éleveur, taureaux qu'il refuse toujours de toréer depuis une catastrophe dacquoise avec le même élevage. Dire qu'il se transcenda serait faire preuve d'une imagination fertile. Il y avait Daniel Luque aussi. Rien à redire, mais rien à en dire non plus, juste de la passe au kilomètre.

- Morante venait en remplacement de Jose Tomàs, ce qui a priori n'était pas pour déplaire. Mais le peu qu'il y avait de taureau, il ne voulut pas même le voir, et fit semblant. Il a quitté l'arène sous l'indifférence d'une bonne partie du public et  les huées de l'autre, ce que la presse papier ou Internet ne mentionna pas. Manolo Sanchez fit proprètement son travail, et Castella essaya et réussit presque à intéresser un public exaspéré. Le mayoral n'a pas été invité à saluer.

- Le président de la novillade piquée ridiculisa la matinée en accordant d'emblée deux oreilles à Thomas Dufau pour une fade faéna à un fade taurillon. Le novillero étant apodéré par Simon Casas, ceci explique peut-être celà. Je dois dire que contrairement à l'an passé, je n'ai aimé ni la manière ni les manières du torero. En revanche Mathieu Guillon qui n'avait pas convaincu en 2009, sortit ce jour là les meilleurs naturelles de la course. Taureaux sans capital et sans intérêts.

- La non-piquée de chez Bonnet avait comme d'habitude une pêche d'enfer. Probablement que ce n'est pas l'organisation Sara-Casas qui s'en est chargé. Les gamins en firent les frais. Déjà pourtant ils savent tout faire et prendre la pose, sauf Sofiane dont le bagage technique est à peu près nul, mais qui possède de la présence en piste et une aisance d'écarteur devant le taureau.

"Et le Juli?" me direz-vous.
De très bon à excellent, comme à l'accoutumée, mais pas exceptionnel.
Ses taureaux? Les meilleurs de la féria. Mais demandez à Ponce qui échoua devant son second "manso con casta" et à Tejela qui se fit prendre par son premier et dut batailler contre son second, s'ils étaient aussi faciles qu'on le croit quand on les voit dans la muleta du Juli.

Triste Madeleine. Encore heureux qu'il ait fait beau  -mais ça, c'est parce que Marie Sara n'y est pour rien- et que l'orchestre fut excellent, ça nous donnait quelqu'un à applaudir en plus du Juli.


DM.

* PS: je me souviens enfin : Arturo Macias, abonné à l'infirmerie.