Je suis désolé de ne pas pouvoir dire du bien de Castella. Après ce qu’il a fait à Madrid, le jour de la Puerta Grande d’abord, puis lors du drame sous le déluge à la corrida de la Presse ensuite, j’aurais pourtant bien aimé en dire ! Décentré, sans sitio, rien à voir avec le Castella de 2006 et son « concerto pour muleta et harmonie » du 14 août.
Il est vrai qu’il passait après l’extra-terrestre. Jésus Tomas n’a pas manqué son retour en France. Et depuis, il paraît qu’il n’a pas faibli (San Sebastian, Malaga, Almeria…) Peut-être y a-t-il eu a priori succès forcé par une attente démesurée ? Mais sa dernière série à son second fut littéralement hors norme. Il restait certainement des passes à ce toro, mais tout était dit, et c’est avec raison (malgré l’incompréhension de certains) qu’il le tua (bien) aussitôt. Deux oreilles normales. C’est en revanche l’oreille à son premier qui est contestable. (Une précision : je n’ai jamais été « Tomasiste ». Le 1er mai 98, à la corrida goyesca de la feria de la Communidad, j’avais été pris à partie par mes voisins, et par Pierre Arnouil à la sortie, pour avoir manifesté mon désaccord avec le délire provoqué par une faena tremendiste, profilée et sans dominio…)
Le Fundi fut comme toujours muy torero dans tout ce qu’il fit, de la réception à la cape du premier qu’il tua d’un estaconazo extra-ordinaire (au sens propre) qui fit tomber l’oreille, au brindis du quatre à ses deux collègues avant une faena qui partait sur du 4 étoiles avant que le toro ne s’éteigne subitement et totalement (pique mal placée ?). Dommage, car la sortie a hombros n’était pas loin non plus.
Les Bañuelos ont été fades et sans moteur, bien loin de ceux du 15 août 06.
Ruben Pinar et Daniel Martin bien le matin, contrairement à Pepe Moral sans grand sens artistique. Bons novillos de Hoyo de la Gitana.
Après-midi intéressante, puisqu’avec les toros du même élevage que le matin. Passionnant de voir les différences de comportements en fonction des âges (petit élevage, donc peu de mères, donc des chances que les toros aient été les vrais aînés des novillos).
Côté toreros, Loré (« the loser ») toujours aussi triste et le plus mal servi (est-ce bien vrai ?…), Sanchez-Vara usant et abusant du pico, la main à Hagetmau et le cul à Bayonne (s’il n’était pas remis de sa blessure, pourquoi est-il venu ?) et Julien excellent et en nets progrès à la muerte. A déplorer l’accident du Chano à la sortie de sa première paire (magnifique), alors que mon ami président du jour Pascal Lavigne (le président de la peña Campo Charro) demandait la musique pour la seconde, suivant ainsi la suggestion que je lui avais faite au déjeuner.
photo Denis D -Club taurin de Nord
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Les deux français Mario Guirao et Tomasito se sont qualifiés pour la finale, mais on sait déjà qu’il n’y aura pas photo demain.
César était très détendu et souriant dans le « tunnel ». Accueil sympathique du public, bonne première faena mais en dessous d’ autrefois…Et puis au second, après avoir pris des risques qui m’ont paru excessifs sur l’estribo, il se fait bousculer et , comme moi, il craint le pire pour son genou gauche. Stop, plus rien, j’ai peur, je vais quand même pas gâcher ma tournée d’adieux !
Son compatriote Bolivar m’a fait très bonne impression, triomphant sur son second pour sortir a hombros en compagnie de Perrera. Lui m’a estomaqué, alors que je ne l’avais jamais vu bon, et toujours avec des toros sosos et faibles.Je XJe Je me demandais même ce qu’il venait faire avec les Conde de Mayalde. En fait, il venait me montrer qu’il savait toréer : dominer puis séduire. Il le montra d’ailleurs à tous les spectateurs qui obtinrent pour lui 3 oreilles à mon avis méritées malgré l’hésitation grotesque du rigide Marc Amestoy. Idéalement placé dans le callejón derrière le burladero d’accueil des toros à la cape, j’ai pu profiter de l’exceptionnelle sortie des Conde de Mayalde. J’ai pris le petit-déjeuner le lendemain avec le ganadero. Il était radieux : à Dax 6 oreilles et le mayoral a hombros, à Gijon 6 oreilles et une queue et une vuelta al ruedo. Pas mal le même jour…
Et encore ce ganadero heureux ne savait-il pas qu’il allait à nouveau voir son mayoral en piste après la novillada sans chevaux où, comme prévu, Tomasito n’eut aucun mal à surclasser Guirao. En faisant la bise à Thomas avant le paseo, et en lui mettant autour du cou le foulard de la Angelina pendant sa première vuelta, je n’étais pas peu fier… En effet, nous l’avions reçu en décembre 2002, amené par Tino Lopes son prof de l’époque (avant qu’il ne se fâche avec Paquito) que j’avais rencontré à la San Isidro et qui m’avait promis de venir animer une soirée avec un élève. Il avait 12 ans et ses propos m’avaient, nous avaient estomaqués. Puis il avait fait une démonstration de toreo de salon avec Tino, qui relevait pourtant tout juste de sa terrible blessure de Mont-de-Marsan. Nous avons bien sûr la cassette archive de la soirée entière. Peut-être vaudra-t-elle cher d’ici peu ? Zocato m’a confié que les frères Lozano le suivaient de près depuis une tienta chez Alcurrucen. Ils avaient d’ailleurs envoyé un « veedor »…C’est plutôt bon signe.
La journée promettait d’être somptueuse pour qui avait foi en Montalvo. Ce qui n’était pas mon cas. En fait, je craignais le pire. Quelle surprise, quelle bonne surprise !!! Des Montalvo qui ne fléchissent pas et qui chargent, avec leur noblesse habituelle. Il paraît qu’un semental de Daniel Ruiz (présent au callejón) est passé par là…Avec un tel matériel, les artistes n’avaient qu’à dérouler. Ce que fit Juan Bautista (une et une) ; ce que ne sut pas faire Cruz, avec pourtant le meilleur (le sixième bis), un toro de vrai triomphe ; et ce que ne voulut pas faire le Juli : au lieu de s’accommoder de la charge facile de son second toro, il lui règla la cadence, lui imposa le terrain, l’hypnotisa comme je l’ai rarement vu (même Ojeda…) et donna la plus belle leçon de tauromachie qu’on puisse rêver. Selon le président, « assessé » par l’ineffable Amestoy, l’épée était tombé de 3 cm et l’a empêché de donner la queue ! Cette queue aurait été accordée sans hésiter dans toute autre arène française. Il fallait bien être à Dax ! Je n’ai jamais lu de la part de Zocato un article aussi agressif contre une présidence que celui du lendemain. La queue messieurs, la queue que diable ! Mais la plus belle façon de montrer à cette présidence peu sensible son erreur ridicule fut le brindis donné en piste au maestro par les deux autres toreros avant leur second combat.
Nada de nada. Je ne vais pas au rejón (déjà deux fois cette année, à Jerez et Plasencia, c’est beaucoup trop pour moi…) et l’après-midi fut calamiteux à cause d’un lot des Bayones totalement décasté (alors que leurs frères de Plasencia avaient été très bons, comprenne qui pourra… !!!).
Et tous les jours, l’amitié du matin au soir, la fête et le bonheur d’y être…
ANGEL