EDITO DE ANGEL – item 289
La semaine dernière, la ville de Beaucaire
a rendu public le résultat financier de sa féria, dont l’organisation
est confiée à Stéphane Fernandez Meca, et a annoncé un déficit de 100
000 €uros sur deux jours et trois courses. Ce qui n’est pas rien.
Auparavant,
on avait également appris que la société de Simon Casas avait perdu
quelques 70 000 euros sur l’année 2009 à Nîmes, soit sur l’ensemble des
férias de Pentecôte et des Vendanges, c'est-à-dire sur une bonne
quinzaine de corridas. Ce qui n’est pas mal non plus.
Partant d’un
point de vue apparemment purement comptable, André Viard en conclut que
Beaucaire a perdu 50 000 €uros par course quand Nîmes n’en perdait que
4500. Ce qui n’est pas faux.
Mais ce qui, dans le contexte actuel
qui voit s’opposer Casas et Meca dans le nouvel appel d’offre lancé par
la ville de Nîmes, est également totalement orienté. En raisonnant de
la sorte, l’éditorialiste de « Terres taurines » a fait son choix. Ce
qui est son droit.
Mais si l’on veut rester objectif, comment
peut-on comparer une féria de deux jours à visée « toriste » dans une
enceinte de moins de 6000 places à une féria pléthorique, largement
vendue par abonos, à visée « grand public », dans des arènes dont la
capacité avoisine les 16300 spectateurs ? Or si l’on met tous les
critères face à face, le résultat de Nîmes est-il vraiment meilleur ?
En
fait, la difficulté pour les villes organisant des courses isolées, ou
une petite féria, est de se forger une identité, puis une réputation
afin de fidéliser un public. Beaucaire a misé sur un type de courses,
et si elle veut se faire sa place, elle doit s’y tenir. Le déficit
constaté ne vient pas d’un prétendu manque de professionnalisme de Méca
mis en avant par Viard. Il est à mon avis en grande partie dû au fait
d’avoir voulu des toros de grande renommée pour tenter d’attirer une
frange des spectateurs « grand public » qui habituellement boudent les
courses « toristes ». Or le lot de Victorinos ayant été payé 77100
euros, contre 36500 celui de Palha la veille, il aurait fallu plus de
1500 spectateurs supplémentaires pour rentabiliser. Impossible ! Le jeu
n’en vaut donc pas la chandelle, car quoi qu’on lise ici ou là, il y a
bel et bien deux tauromachies et deux publics, et, pas plus que les
spectateurs « naturels » du type de course donné à Beaucaire ne vont à
Nîmes, il n’y a aucune raison pour que les amateurs de Javier Conde
aillent voir Padilla…