Edito d’Angel - Itam 237, 24 juin 08


Les socios de la peña Angelina et tous les aficionados qui avaient choisi de passer leur fête de la musique dans et autour des arènes de La Brède (Gironde- France) avaient vraiment fait le bon choix. En effet, pendant les deux courses de la journée, la musique joua souvent, puisque les faenas le permettaient et elle fut vraiment excellente. On ne félicitera donc jamais assez cette harmonie venue de Cazaubon dans le Gers, très féminine, qui sut choisir les morceaux en fonction des toreros en piste, et on donnera une mention particulière à la flûtiste qui joua si bien le solo lors de la seconde faena de Fernando Cruz. Mais bien sûr si musique il y eut, c’est que toreo de qualité il y eut aussi.

Après les commentaires des médias « officiels », je ne reviendrai pas longtemps sur la corrida de Prieto de la Cal si ce n’est pour dire que le sourire de Fernando Cruz est bien sympathique et que j’aimerais très sincèrement le voir plus souvent, que Maxime Ducasse est vraiment une « pointure » de la brega , et que j’ai été très agréablement surpris par le jeu de ces Veraguas (le 3, Alondro, n°46, de cinq ans et demi, fut d’une classe éclatante), même si leur présentation put parfois laisser à désirer, tout en restant très loin de la description calamiteuse qui m’en avait été faite (cornicortos, bizcos y muy disiguales…)

Mais c’est surtout de la novillada du matin dont je voudrais parler aujourd’hui. Pour réparer, à mon modeste niveau, une injustice. L’autre dimanche en effet, à Aire-sur-l’Adour, il y avait eu aussi une non piquée, avec les novillos de El Palmeral (finca « Beigtanborda », 64120 Arraute-Charrite, Basse-Navarre, France), d’origine Atanasio Fernandez par Antonio Ordoñez, et les jeunes toreros y avaient été malmenés, notamment Veronica Rodriguez dont on se demande encore ce qu’elle venait faire là, tant son métier était insuffisant pour des adversaires de cet acabit. Or certain média, sans doute sous le charme de la petite Véronique, avaient qualifié les novillos de « méchants », de « cadeau empoisonné », alors qu’ils avaient simplement gardé le piquant sans lequel la tauromachie n’aurait guère de sens. Et aujourd’hui, après une novillada « de première catégorie », passionnante, entretenue de bout en bout, qui valut un salut plus que mérité au mayoral, voilà que le même média « oublie » de rendre hommage aux novillos français élevés de main de maître par Jean-François Majesté. Ce n’est pas très bien « observé », si vous voyez ce que je veux dire…Alors bien sûr, on dira que ce ne fut pas parfait, et qu’on aurait (que j’aurais) aimé voir « mon » Tomasito briller, s’il n’avait pas eu le seul adversaire faible… Mais ce fut tout aussi intéressant de le voir tout simplement lidier. Et je me réjouis d’avoir en revanche vu éclater la classe de Mathieu Guillon, en énormes progrès, qui avait d’ailleurs déjà fait plutôt bonne impression l’autre jour à Aire face aux mêmes adversaires, finalement pas si méchants et pas si empoisonnés que çà !

Qu’on me permette ici de remercier ces éleveurs romantiques si dignes de respect et d’admiration, les Tomas Prieto de la Cal, les J-F Majesté, grâce à qui nous passons des journées d’intense afición, sans oublier les organisateurs, Fiesta Garona le matin et la Mairie de la Brède le soir, d’un courage sans faille, seuls face à l’ « animalisme » ambiant, sachant pourtant surmonter les innombrables difficultés pour faire aboutir le même idéal. Le nôtre.

Merci, et à l’année prochaine