Edito d’Angel ITAM 219


 


« Mon cher, la connerie humaine est incommensurable ! ». Rappelez-vous, c’est par cette citation de l’ancien maire de Vic que je commençais il y a peu mon édito consacré à la proposition de loi déposée par trois députés communistes, élus du 59, du 76 et du 93, en vue d’interdire l’accès aux arènes aux moins de 16 ans. Et bien, me voici obligé de commencer à nouveau de la même façon aujourd’hui, car la connerie, hélas,  se rapproche d’Angelina. En effet, tandis que le député-maire communiste d’Arles écrivait à ses trois collègues pour les inviter à se mêler de ce qui les regarde et à laisser ses administrés vivre en paix leurs traditions et leur culture, voilà que deux députés picto-charentais et ségolènophiles cette fois s’attaquent à leur tour au problème n°1 de leur circonscription : la tauromachie !

C’est tout d’abord Geneviève Gaillard, élue des Deux-Sèvres, qui obtient la création (et la présidence) d’une commission  parlementaire d’enquête sur « l’argent de la corrida », soupçonnant une mauvaise utilisation des fonds publics dans les villes taurines et dénonçant, selon elle,  une certaine opacité dans la gestion financière des ferias. On ne peut évidemment que saluer la rigueur républicaine d’une telle initiative, totalement sans arrière pensée ! C’est en fait tout aussi saugrenu et perfide que si Henri Emmanuelli, député PS des Landes, venait contester la subvention allouée par la ville de Nantes, tenue par son copain Jean-Marc Ayrault, pour l’organisation de « la Folle Journée »…

Et on apprend aujourd’hui par un journal qui, bien que sans lien avec la tauromachie en général et la peña en particulier,  s’appelle pourtant l’ « Echo des Arènes » (je n’invente rien !) que Catherine Quéré, élue de Saintes-Nord, donc de Saint-Jean d’Angély (Charente-Maritime), s’était fait un devoir d’alerter le Garde des Sceaux « sur les problèmes psychologiques qu’entraînent les corridas sur les enfants et les adolescents de moins de 16 ans, car elles présentent une certaine banalisation de la violence puisqu’elles mettent en scène la mise à mort d’un animal, avec comme seule justification celle de la culture, de l’art et de la tradition, ayant pour conséquences pour notre jeunesse une accoutumance à la violence, la fragilisation du sens moral et la perturbation des valeurs ». Rien que çà.

La peña Angelina ne devrait-elle pas demander à son député, par simple souci d’honnêteté intellectuelle, de citer un seul exemple, non pas dans sa propre circonscription, mais dans la France entière, où la corrida a été formellement reconnue responsable de désordres psychiques chez un enfant ou un adolescent ? A-t-elle été sollicitée par un quelconque élu d’une région taurine inquiet de la mauvaise santé morale de ses jeunes administrés ? Et si jamais tel était le cas, ne devrait-on pas alors demander à madame Quéré d’alerter de toute urgence le ministre de la Culture sur le danger de la diffusion à la télévision à des heures de grande écoute de films ou de documentaires retraçant les exploits sanglants de tueurs en série, maniaques sexuels et autres détraqués adeptes de la tronçonneuse, dont les réelles influences ne sont, elles, malheureusement pas difficiles à prouver ?

Mais bien sûr, nous savons que ce n’est pas le cas, et nous devrions plus utilement expliquer à madame Quéré que quand nous emmenons nos enfants ou nos petits enfants aux arènes, c’est au contraire pour leur inculquer les notions d’honneur, de courage, de dépassement de soi, de respect, d’intelligence, de vie, de mort, et autres futilités.  Rien que des choses inutiles en somme …

Précision d’Angel sur l’édito de mardi dernier

Certains lecteurs d’ITAM semblent avoir mal interprété mon édito de la semaine passée, lui attribuant une orientation politique qui était à la vérité bien loin de mes pensées. Si j’ai consacré cet édito à mesdames Gaillard et Quéré, ce n’est en aucun cas parce qu’elles sont « Ségolènophiles » comme je l’ai, sans doute maladroitement,  écrit, mais tout simplement parce que l’une est le député de la  circonscription de Niort, à 40 kms d’ici, donc à plus de 200 kms de la première arène, ce qui ne fait pas d’elle la personne la plus naturellement préoccupée par les finances de la corrida, et que l’autre est le député de Saint Jean d’Angély où il se trouve que notre peña a son siège et sa bodega, ce qui ne lui donne a priori aucune raison particulière de se soucier, si tant est d’ailleurs qu’il en soit le moins du monde besoin, de la santé mentale des petits Landais ou autres Arlésiens. Après, peu importe le parti auquel elles appartiennent et je n’aurais sans doute effectivement pas dû le citer. Alors, pour faire bonne mesure, je précise aujourd’hui qu’une quarantaine de députés UMP ont signé la proposition de loi anti-corrida déposée par l'un d’entre eux. Si je n’en ai pas parlé la semaine passée, c’est simplement parce qu’ils ne sont pas élus sur les terres de la peña, et sûrement pas en raison de leur appartenance à ce parti. Notre lutte, notre résistance contre le lobby abolitionniste est suffisamment difficile pour ne pas nous laisser divertir - j’allais dire pervertir -  par la politique.

Complément de Marteau

Il est évident que l’on peut trouver des anti-taurins et des aficionados dans chaque groupe politique. En tant que rédacteur en chef d’ITAM mais surtout Aficionado a los toros, je souhaite « combattre » les anti taurins de tout bord politique (la Angelina n’a pas vocation à faire de la politique). Les peñas taurines existent pour soutenir la tauromachie qui évolue malheureusement certaine fois négativement. La meilleure preuve, c’est Samadet dimanche dernier. Une vingtaine d’anti-taurins sans étiquette étaient présents devant les arènes, certes c’est peu mais l’année dernière, ils n’étaient pas la. Je veux que mes enfants aillent encore aux arènes librement dans quelques années. La tauromachie est (peut-être) en danger, travaillons ENSEMBLE quelque soit les clivages politiques, TOUS pour  trouver des solutions pour que nous puissions encore longtemps nous retrouver autour d’un verre et refaire le monde taurin. Le toro nous unie, nous donne de l’émotion, notre force c’est notre passion commune …