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ITEM, anciennement ITAM est une
réalisation personnelle d'Eric MARTEAU, dont les membres de la
Peña Angelina ont eu la primeur, mais qui est aujourd'hui
destinée à un plus vaste public.
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En toute justice
À l’occasion de la feria madrilène de l’anniversaire 2010, j’ai pu visionner sur Telemadrid l’avant-dernière corrida à pied du cycle dont le cartel, à première vue, n’était pas le plus attractif sur le papier : Miguel Abellan, Juan Bautista et le mexicain Arturo Macias. Une affiche sans grande attente, mais qui permettait au torero arlésien de revenir à Las Ventas pour marquer les esprits, ce dont je le pensais capable avant l’heure. C’est peut-être facile à dire aujourd’hui, mais ce torero m’a toujours plu et accroché par son toreo, qui est pour moi l’un des plus purs et sincères que l’on puisse voir. Classique et ambitieuse, sa tauromachie a pourtant du mal à passer la rampe dans une époque où l’enveloppe est souvent plus importante que le contenu… La personnalité assez distante et sans éclat du torero, qui ne transmet que peu au public, y est sûrement aussi pour quelque chose mais à chacun son caractère… L’important, c’est la qualité et l’efficacité du toreo pratiqué, le reste n’étant finalement que littérature. Fade, froid, sans relief ni classe… Les commentaires lus sur le toreo de Jean-Baptiste sont aberrants et injustes ! Il n’a pas, c’est vrai, coupé deux oreilles sur un même adversaire, mais sa prestation a été remarquable en tout point. On minimise même son triomphe en prétextant qu’il a eu le meilleur sorteo, mais combien de toreros, durant cette feria, ont laissé passer de bons toros sans en tirer partie ? Sans donner de noms, des toreros très cotés, que l’on nomme « figuras » ont oublié qu’à Madrid, il faut avant tout « lidier » et pas seulement montrer son répertoire. Beaucoup d’excellents toros auraient dû, pendant cette feria, être « arrastré » sans leurs oreilles… Devant deux exemplaires très intéressants « d’ El Cortijillo » (origine Nunez) appartenant à la famille Lozano, Juan Bautista, magnifiquement vêtu de gris et or, a su donner des faenas ajustées, d’une sobriété classique et avec profondeur. Techniquement parfait, croisé et en sachant trouver les terrains pour faire s’exprimer ses deux toros. Une série verticale, le corps totalement relâché, à son premier qui a fait surgir les « Olés » des gradins et quelques ornements de bon goût pour alterner avec des instants de toreo fondamental. Son second cherchait les planches en début de trasteo, mais il sut parfaitement lui garder la muleta sous le mufle pour arriver au final à faire exprimer le fond de caste de ce toro, une lidia d’école… Cerise sur le gâteau, Juan Bautista a très bien estoqué ses deux adversaires, en s’engageant et exécutant parfaitement la « suerte », basculant sur la corne. Pas comme certains autres… Deux autres toros de bonnes notes sont sortis en ce jour, le second d’Abellan qui lui a donné des séries de naturelles magnifiques avec classe et engagement, peut-être les meilleures de la feria, mais l’épée a malheureusement tout gâché… Quant à Arturo Macias, son premier adversaire avait de bonnes charges à offrir, mais à trop vouloir composer la figure et user de fioritures, le jeune mexicain est passé à coté car à Las Ventas il faut avant tout dominer…Ce que Juan Bautista a lui, parfaitement su faire ! Sérieux et attentif durant toute la course, le torero français a également été ovationné pour un quite salvateur au Nino de Santa Rita, peone de Miguel Abellan, mis en grand péril lors des banderilles. La cuadrilla de Jean-Baptiste Jalabert a été à la hauteur de son maestro avec un Christian Romero très efficace et un Curro Robles de gala aux harpons. Alors on peut toujours faire la moue sur cette Puerta Grande de seulement une et une oreille, mais je me suis vraiment régalé de cette corrida et réjoui que Madrid ait donné un nouvel élan à la saison de l’arlésien (2 oreilles dès le lendemain à Grenade). Une belle récompense pour ce toreo aux vertus essentielles où le toro et sa lidia sont mis en valeur, loin des faenas monotones et stéréotypées que l’on nous récite à longueur d’année…Et tant pis pour ceux qui n’ont rien vu ou même pas voulu le voir !
El Claudio
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