28 juillet 2010
28 juillet 2010 est une date noire pour l'art taurin.
Les Catalans viennent de voter la prohibition de la corrida à l'espagnole, parce qu'elle est pour eux un symbole espagnol!
Que
les indépendantistes catalans cherchent à marquer leur opposition à
l'Espagne par un rejet de la tauromachie au moment même où elle en
perd le caractère spécifique est d'une triste ironie.
Les
propriétaires des arènes de Barcelone, qui n'attendaient que ça, vont
s'enrichir un peu plus en vendant la Monumental à un groupe immobilier,
pour faire un centre commercial. Plus que le vote sur lequel on peut
toujours revenir lors d'un changement de majorité, la disparition
programmée des arènes sera un coup plus rude encore, car difficcilement
réversible comme on le constate à Toulouse.
Par la force des choses, les arènes de
Céret deviennent le symbole de la résistance
catalane pour la liberté tauromache que l'on devra soutenir, quoiqu'on puisse penser de la tauromachie qu'on y propose.
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Francis Wolf, dans Philosophie de la corrida
souligne que le maximum que l'on puisse dire d'un torero, c'est qu'il
est torero. Quand on veut exprimer notre admiration et notre gratitude
après une oeuvre majeure du toreo, le plus qu'on puisse crier ensemble
depuis les gradins c'est : "torero! torero!".
On ne dit pas "footballeur! footballeur!.
Pourtant l'Espagne vient de gagner la coupe du monde de football.
Soir de finale dans un bar de montagne, du coté de Teruel: quelques
français perdus au milieu des légions espagnoles en ordre de bataille,
et un couple de Hollandais. Chaque passe heureuse de la
Roja donne lieu à des cris et des applaudissement. On applaudit l'écran
de télévision, certes, mais le coeur y est ! Un joueur espagnol réussit
un joli coup, une voix s'élève de derrière le bar, c'est le patron qui
suspend son geste d'essuyage de verre et qui s'écrie : "Torero!".
Il n'est pas plus beau compliment.
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Les Charentais eux, sont habitués depuis longtemps à ne pas avoir
d'arènes ; celles de Saintes, datant des romains, n'ont jamais
accueilli de corrida ; mais ça n'empêche pas d'aimer les courses de
taureaux. Comme seront contraints de la faire les Catalans, les membres de la Peña Angelina sillonnent celles de France et d'Espagne, faute de pouvoir jouer à domicile.
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