cercle de pierresC’est dans la plaine de Salisbury que se dresse depuis 5000 ans, le plus célèbre monument mégalithique d’Europe.
Stonehenge, qui fascine archéologues et astronomes, mais aussi tous ceux qui sont en manque de mystère, n’avait pas encore livré tous ses secrets. Etait-ce un temple, un monument funéraire ou un observatoire astronomique ? Une thèse nouvelle pourrait bien ruiner toutes les spéculations plus ou moins occultistes.

Une découverte faite en Saintonge accréditrerait l'idée que les différents cercles de pierres qui furent érigés au néolithique ne sont ni plus ni moins que des arènes dédiées au culte du taureau.

Il ne s'agit pas bien entendu d'y voir la transposition exacte de nos arènes actuelles, ni de penser que les tauromachies qui s'y déroulaient revêtait la forme de nos spectacles contemporains, mais les preuves sont aujourd'hui fortes pour relier ces monuments à une pratique de tauromachie plus ou moins sacralisée.

Les fouilles entreprises sur la commune de Saint-Sornin sur Boutonne, non loin du paléosite de Saint-Porchaire, en Charente-Maritime, commencent à livrer les secrets des lieux et à offrir des lumières brillantes sur la construction des cercles de pierres au néolithique dont le plus célèbre est celui de Stonehenge en Angleterre. Notre photo de titre montre le cercle dégagé par les archéologue dans la plaine marécageuse de Saint-Sornin. Longtemps enseveli sous le limon, il fut mis partiellement révélé lors de la crue de la Boutonne en 2003, et petit à petit remis à la lumière.
taureau boutonne
Ce cercle de la Boutonne n'aurait rien de particulier, il ressemble à de nombreux autres cercles bien connus, si ce n'était les fragments d'une pierre retrouvés au centre exact du cercle et qui représente un taureau avec semble-t-il une corde qui le retient comme aujourd'hui lors des écarts de la tauromachie landaise.

Si on ajoute à cela le squelette de Bovus Angelicus, ressemblant à un taureau actuel de Camargue en plus grand, retrouvé au bord de la Charente et vieux lui aussi de plus de 4000 ans, on est en droit de conjecturer une utilisation tauromachique de ces cercles de pierres.Car ce taureau a été enterré debout, selon une coutume toujours vivante en Camargue pour les taureaux cocardiers particulièrement valeureux, comme en témoigne la stèle du "Sanglier" à l'entrée du Caylar (Gard).
Taureau de Tanis
Le taureau de Tanis (65)

Depuis la mise à jour du taureau de la Boutonne, d'autres éléments sont venus conforter la thèse d'arènes néolithiques. En effet la datation du Taureau de Tanis, en Haute-Pyrénées, a été revue et il semble certain aujourd'hui que la pièce gravée en creux dans un bloc de granit est contemporaine du Taureau de la Boutonne, environ 1500/2000 ans avJC.

Rappelons que ce taureau de Tanis à été trouvé à moins de trente km des cercles de pierres du Pays d'Ossau en  Pyrénées-atlantiques.

Le Professeur Filo Apis, de l'Université d'Idurbo (Idistan) est l'un des plus célèbres partisans de la nature arénale des cercles de pierres du néolithique européen : "On povas dicar hodie, ke la maxim kredebla hipotezo pri la naturo di la cirkli de stono neolitika es la konstrukto e la uzo di ta monumenti por la kombato de tauri. Se on studias bone ta tezo, numeroza aspekti di ta cirkli trovas tre facile la expliko qua indijas en la altra teorii. On ne devas timar ta tezo pro quo kelka stoni esis erektita en la centro di la cirkli, nam quale la areno de Arles en Francia, la aspekto chanjis dum la yarcenti. La granda stoni en la centro di la cirklo de Stonhenge, exemple, es erektita dum la lasta periodo, plusa  yarcenti pos la periodo dum on konstruktis la unesma parto di la monumento. [BULO : Buletino Universitala di Liturgiala Obsevatorio ; Aprilo 2009 ]"

En effet, Stonehenge fut l'objet de plusieurs périodes de construction, et la partie centrale, les grandes pierres érigées, ne furent introduites que très tardivement, plusieurs centaines d'années après les premiers éléments. Quand on connait l'évolution des arènes d'Arles, modifiées aux moyen age (il reste des tours inconnues des Romains) transformées en habitations pendant plusieurs siècles, rehabilitées en tant qu'arènes récemment, on est en droit de ne pas craindre de considérer des périodes différentes dans la fonction des cercles de pierres néolithiques.

Stonhenge plan

Il faudrait être bien céciteux pour ne pas reconnaitre dans le plan général de Stonehenge, des parentés significatives avec nos arènes contemporaines.

On se réfèrera à l'article de Wikipedia pour plus d'informations sur Stonehenge, mais on peut d'ores et déjà avancer quelques hypothèses à propos d'aspects qui semblaient étranges. Si on envisage l'hypothèse de jeux taurins, la plupart des éléments trouvent facilement une explication, surtout si on envisage, non pas forcément une tauromachie dans le style de la course espagnole, mais plutot comme les jeux populaires de Catalogne ou du pays Valencien, ou encore les "encierros" de Camargue, où de nombreux participants se livrent, plus ou moins anarchiquement, aux jeux avec les taureaux, et comme c'était encore le cas dans l'Espagne de Goya.

On a soutenu récement que ces sites néolithiques n'étaient que des cimetières, argüant de la présence de tombes alignées en cercle à l'intérieur.
On lit dans Wikipedia :
Les « trous d'Aubrey » 
Stonehenge I et les 56 trous d'Aubrey
Les « trous d'Aubrey » (Aubrey Holes) , nom donné en souvenir d'un antiquaire du XVIIe siècle par leur inventeur R. S. Newall, contemporain du colonel Hawley dans les années 1920, sont un vaste cercle de 56 cavités de grandes dimensions, disposées régulièrement à l'intérieur et à peu de distance du talus de l'enceinte circulaire. Ces trous ronds ont des parois verticales et sont espacés d'environ 5 mètres. Leur diamètre varie de 0,75 m à 1,50 m, et leur profondeur de 0,60 m à 1,20 m. On y a trouvé, dans un remplissage de craie, des fragments de charbon de bois, d'os humains carbonisés, de petits objets comme des épingles à cheveux en os ou de longues baguettes de silex taillé de l'épaisseur d'un doigt, dont on ne connaît pas l'usage. Trente-quatre d'entre eux (partie Est) ont été fouillés. Ils sont facilement repérables, marqués par des plaques de calcaire
.
L'idée qui vient immédiatement à l'esprit est le sacrifice d'humains enterrés ensuite en l'honneur du Dieu Taureau. Cependant, une autre hypothèse est envisageable, il pourrait s'agir de l'honneur fait aux grand "toreros" de l'époque d'être ensevelis sur les lieux de leurs exploits.
Et ces étranges baguettes, comment ne pas y voir une forme primitive des banderilles?

On lit encore ceci dans Wikipedia :
"Première structure en bois

Un réseau complexe de trous de poteaux (postholes) a été relevé par le colonel Hawley et confirmé par Atkinson, au centre du cercle et aux deux entrées du sud et du nord-est. Ces trous de poteaux, de 0,40 m de diamètre, sont plus petits que les trous d'Aubrey et beaucoup moins régulièrement espacés. On ne sait si ces poteaux correspondent à des échafaudages, ou bien supportaient la toiture d'une ou plusieurs constructions".
Si on admet l'idée d'arènes, la construction de gradins ne semble plus étrange et s'intègre naturellement dans la théorie.

Et finalement on lit dans Wikipedia :
L'« Avenue »
L' « Avenue » , large de 23 m (12 m entre les talus), part de la Heel Stone dans l'axe du monument, vers le nord-est, puis à mi-chemin du Cursus, long enclos mégalithique situé un peu plus au nord, s'infléchit, de manière très visible sur les photos aériennes, vers l'est et finit par rejoindre, à trois kilomètres de là et après un dernier virage à droite, la rivière Avon.
Cette longue structure est formée de deux fossés parallèles et des talus correspondants établis vers l'intérieur, selon la technique caractéristique de la phase I, à laquelle on peut être tenté de la rattacher. Elle a tout l'aspect d'une voie processionnelle."

Qui, connaissant Pampelune, n'y verrait la description du parcours de l'encierro ?

 Stonehenge maquetteReconstruction de Stonehenge : La maquette représente la partie centrale du site, à la période la plus tardive, encombrée des  pierres centrales absentes à l'origine, car durant de nombreux siècles, on n'eut que la haute couronne extérieure et le cercle de pierres plus petites pouvant faire fonction de planches du callejon. Les trous extérieurs pouvaient servir à l'établissement de gradins au dessus des grande pierres, un peu comme des les arènes de Nîmes aujourd'hui.

Conclusion
: la théorie selon laquelle les cercles de pierres du néolithique, -3000/_1500 av JC, furent primitivement des sortes d'arènes, où se déroulaient des fêtes populaires donnant lieu à des jeux et combats taurins, est de plus en plus acceptée par les milieux paléographes. Certains chercheurs, convaincus du bien fondé de la théorie, proposent des reconstructions à diverses époques, spéculant sur les types de tauromachies qui s'y déroulaient, envisageant une évolution de jeux populaires collectifs (type "toro de la Vega", dans le grand cercle) tendant peu à peu vers des représentations par des "toreros" reconnus pour leurs talents et leurs courage, (dans le cercle restreint) qui pouvaient lors de leur mort être honorés en étant enterrés au sein du temple-arène.
Bien que beaucoup de conjectures non encore étayées demandent une certaine prudence, de nombreux éléments troublants permettent de considérer cette hypothèse comme l'une des plus probables parmi celles qui ont jalonné l'histoire récente des interprétations des cercles de pierre néolithiques, en se gardant toutefois d'un excès de zèle, en n'attribuant pas aux jeux d'alors la forme des notres, même si ces derniers nous aident à comprendre le rôle des éléments architecturaux ( On trouve encore en Espagne quelques arènes anciennes rurales qui ne sont guère plus que des cercles de pierre isolés dans la campagne).